Festiv’art 2015, une soirée mémorable (day 2)

Festivart-passpressVendredi 9 octobre 2015 : deuxième jour du Festiv’art 2015 et j’ai une fois de plus le privilège d’être invitée par les organisateurs. Fierté !
Aujourd’hui est un grand jour : je vais revoir Moriarty que j’avais découvert 7 ans plus tôt sur la petite scène de La Lune des Pirates. Joie ! Je suis également heureuse à l’idée de découvrir un jeune prodige, le bluesman suédois Bror Gunnar Jansson.

L’apéro rock ou l’annonce d’une soirée prometteuse
19H – Sous le barnum dressé au pied du Cirque Jules Verne, les frites dorent et les fûts de Cuvée Des Trolls sont bien frais. L’apéro rock, prélude au festival, peut commencer.
Pendant que les badauds se restaurent et papotent, cinq chevelus semblant venir d’une autre époque font leur balance. Pas facile de régler le son dans ce petit hall de gare aux 4 vents, mais les gaillards en chemises à fleurs ne se découragent pas. Outre leur look ostensiblement inspiré des années 70, on perçoit déjà durant ces réglages, de belles lignes de basse et le son d’orgue si caractéristique du rock psychédélique. Le groupe en question c’est Cheap Wine, un quintet picard biberonné aux vinyls de Jimi Hendrix, Janis Joplin et autres groupes mythiques des années 60/70 et dont la devise est « écraser du pied les raisins de la mort ». Prometteur !
Le concert débute à toute berzingue, batterie amazone et guitare furieuse. La foule s’approche. Le groupe enchaîne les morceaux durant lesquels on s’éprend de la ligne de basse narrative, pendant que le clavier dessine de fabuleuses arabesques psychées qui laissent rêveur. Sur ce lit d’ivresse mélodique, le chanteur, électrique, oscille autant que son theremin en nous transmettant sa folie bienfaitrice. Les bacchus du rock ont assuré, les endorphines au max, l’assemblée peut se diriger vers la salle où la suite s’annonce tout aussi enivrante.


Une première partie intense, le bluesman suédois impressionne
20H30 – Le Cirque Jules Verne est comble lorsque Bror Gunnar Jansson prend place derrière ces fûts, guitare en bandoulière. Le suédois est fort élégant dans son costume de gentleman des années 20.
Après quelques réglages, BG Jansson ouvre les festivités seul face à 1500 personnes comme s’il chantait dans son salon, « finger in the nose ». Dès les premières notes, il s’impose tout en tension. La voix est rugueuse, puissante et sensible. Le public est rapidement hypnotisé par l’homme orchestre qui entame un dialogue sensuel avec sa guitare tout en battant le rythme les yeux révulsés.
Pas encore 30 ans et Bror semble déjà foudroyé par la tragédie, comme s’il avait pactisé avec le diable. Son visage anguleux, taillé dans les résineux de Scandinavie, se déforme sous la torture du blues qui l’habite. Alternant longue marche inconsolable et cri de colère endiablé, BG Jansson tient en haleine son auditoire. Il remercie la foule timidement puis reprend le chant déchirant la nuit de ses complaintes blues.
Une superbe découverte qui me laissera sous le choc un certain temps… avant de reprendre mes esprits avec l’aide de Moriarty.



Ouverture du carnet de voyage, embarquement immédiat pour les rives du Mississipi
22H – Moriary est très attendu, la grande majorité du public semble être venue pour eux. Le brouhaha s’achève aussitôt que la salle se teinte en noir. Rosemary Standley et Stephan Zimmerli arrivent sur scène et entament un duo intimiste sur le titre « Matty Groves », le moment est solennel : l’histoire d’un adultère qui finit mal nous est contée. Rosemary est une délicate narratrice à la voix ronde et aux gestes expressifs.
Après un tonnerre d’applaudissements, le groupe apparaît dans son intégralité et se presse pour former un cercle autour d’un unique micro. Un rituel auquel Moriarty s’adonne à chaque concert, le temps de quelques chansons respectant la tradition américaine du bluegrass ou de la folk. Ainsi, se blottissant les uns contre les autres, jouant et chantant côte à côte, Moriarty vibre à l’unisson et l’osmose est magique à voir.
Rosemary prend la parole pour préciser à la foule que le groupe fêtera en janvier 2016 ses 17 ans d’amitié. On ne peut que saluer la constance de ce groupe qui a toujours su conjuguer avec brio créativité, technicité et esprit de famille.
Moriarty est véritablement un groupe qui s’est bâtit en live et dont la capacité à se réinventer tous les soirs est admirable. Tels des laborantins exaltés, ils se livrent sous nos yeux amusés à des expériences sonores, tentant de nouvelles alchimies avec un panel d’instruments variés : guitares, claviers, batterie, harmonium, contrebasse, triangle, harmonicas, guimbarde, flûte et valise… Au fil du concert, Moriarty a revisité ses différents albums en profitant pour se chahuter et raconter de petites anecdotes à l’assemblée. Méticuleux et concentrés, ils ont offert au public conquis une vraie pièce d’orfèvrerie qu’il n’oubliera pas de sitôt !


Le site de Moriarty 

Merci aux artistes et bien évidemment à Arnaud, Céline, aux membres des Radicaux Libres et à tous les bénévoles qui ont permis cette belle soirée. Vivement la prochaine édition !

Crédit photo : Will Dum

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